Développement du mouvement Pathetlao :

Développement du mouvement Pathetlao :
Pendant ce temps, celui que l'on allait bientôt baptiser du pseudonyme de prince Rouge, le prince Souphanouvong, créait au Vietnam le Pathet Lao (13 août 1950) qui se voulait le porte parole de toutes les couches sociales, tous les groupes ethniques et toutes les régions, occupées aussi bien que libérées. La création de ce gouvernement provisoire de résistance fut accompagnée d'un manifeste en douze points dans lequel étaient affirmées l'indépendance totale du Laos et la formation, pour sceller l'unité du pays et la paix, d'un gouvernement de coalition. "Front Uni, Gouvernement de coalition, on retrouvait les formules de base de la Nouvelle Démocratie de Mao Tsé-toung".

En 1950, Souphanouvong parvint à installer son quartier général dans la province de Samneua. Le Pathet Lao n'était plus seulement un parti en exil, il devenait une menace pour la France et le gouvernement lao en place. Le régime colonial français, de plus en plus exténué, et perdant sa mainmise sur les provinces du nord, concéda davantage d'indépendance au gouvernement royaliste laotien. Aussi, pour se retirer honorablement, signa-t-elle un traité d'amitié et d'entraide, permettant même au Laos d'acquérir le statut de protectorat français. Au lieu de s'installer à Vientiane, le roi lui préféra Luang Prabang mais, comme il était à craindre après le départ des troupes françaises, l'ancienne capitale royale devint le théâtre d'attaques régulières du Vietminh et du Pathet Lao. Aussi, pour respecter les termes du traité de protection récemment signé, la France se décida, un peu tard, semble-t-il, à prendre les mesures nécessaires pour lutter contre l'avancée des troupes communistes qui, à l'époque, contrôlaient la zone stratégique reliant Luang Prabang à Dien Bien Phu.

Sans réelle surprise, les soldats français subirent un cuisant échec militaire qui laissait présager le sort de la future bataille de Dien Bien Phu. Avec les accords de Genève, en juillet 1954, suite à la nouvelle défaite française au Vietnam, le gouvernement d'Hô Chi Minh prit le contrôle de tous les territoires au nord du 171 parallèle, voisin du Vietnam. Ces accords garantissaient la liberté et la neutralité du Laos mais, avec l'avancée et la pression constante des communistes, les Etats-Unis décidèrent d'agir.

Puisque la France devait se retirer, ils allaient assumer la relève contre le communisme et s'assurer une présence en Asie du Sud-Est. Après avoir copieusement arrosé de billets verts la vie économique locale, Washington décida de mettre sur pied et de rémunérer une armée royaliste, forte d'environ 50 000 soldats pour se battre dans le nord du pays. A cela allait bientôt s'ajouter une importante assistance militaire, la création de troupes clandestines et la percée de la CIA dans la vie politique laotienne. C'est ainsi qu'en 1960, un important stock d'armes fut distribué à un général de l'armée royaliste, appelé Vang Pao, qui allait, par la suite, devenir le chef charismatique des troupes Hmongs à Xieng Khouang.
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# Posté le lundi 21 août 2006 12:36

Modifié le lundi 21 août 2006 14:10

Coalition et instabilité :

Coalition et instabilité :
De 1951 à 1954, le gouvernement royal, dirigé par le modéré Souvanna Phouma, était à la tête d'un pays déchiré. L'aide économique américaine perturbait sérieusement la fragile économie laotienne. La spéculation allait bon train et aucun développement industriel ne s'était amorcé.

En 1957, le gouvernement royal laotien fut amené à composer un gouvernement de coalition avec le FPL (Front populaire laotien), organe national émanant du PPL, premier Parti communiste laotien. Celui-ci était dirigé par Souphanouvong. A ses côtés se trouvait déjà Kaysone Phomvihane, ainsi que Nouhak Phounsavanh personnages clés de PPL.

Suite à de nouvelles élections, en mai 1958, le FPL remporta 9 des 21 sièges dans le nouveau gouvernement d'union nationale. Souphanouvong et l'un de ses proches furent donc conviés à prendre part à un cabinet de coalition, tandis que plusieurs autres membres fondateurs du Pathet Lao étaient élus députés à l'Assemblée nationale. Mais l'entente n'allait guère durer.

En juillet, Souvanna Phouma présenta à l'Assemblée un projet de réforme monétaire, qui allait inévitablement léser de nombreux intérêts. Ce projet fut vivement combattu et lorsqu'il fut finalement refusé, Souvanna Phouma n'eut d'autre recours que la démission. Il fut remplacé par Phoui Sannanikone dont le gouvernement faisait une part importante au CDIN (Comité de défense des intérêts nationaux), dont l'état-major réunissait une élite instruite, grande bénéficiaire de l'aide américaine.

A peine installé, Phoui Sannanikone mena une politique d'éradication du FPL. S'il n'était évidemment plus question d'un gouvernement de coalition, les deux principaux dirigeants du FPL, Souphanouvong et Phoumi Vongvichit, furent même astreints à résidence à Vientiane tandis que plusieurs sympathisants du FPL étaient tout simplement mutés ou révoqués. Les rapports avec les dirigeants du Sud-Vietnam, profondément anticommunistes, s'intensifièrent et un accroissement de l'aide économique et militaire des Etats-Unis fut sollicité.

Les Etats-Unis n'étaient pas dupes que les sommes allouées au gouvernement laotien étaient en partie détournées à des fins personnelles. Le gouvernement Sannanikone se discrédita peu de temps après auprès de l'opinion internationale en faisant croire à une offensive dans le nord des forces du Pathet Lao, appuyées par Hanoi et en emprisonnant Souphanouvong. Un rapport d'enquête de l'ONU prouva qu'il n'en était rien.

Les événements confus qui suivirent illustrent bien l'état d'instabilité et les différences d'opinions qui régnaient au sein du gouvernement laotien. En décembre 1959, un coup d'Etat militaire éclata bientôt relayé par un gouvernement ... majorité CDIN, soutenu par l'armée.

Les données étaient ainsi claires : les partisans d'une politique modérée et conciliatrice entre les différents partis laotiens étaient priés de se taire, dorénavant la priorité revenait à la lutte anticommuniste et à l'éviction pure et simple du Pathet Lao. Une reprise de la guerre civile s'avérait donc inévitable.
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# Posté le lundi 21 août 2006 12:37

Modifié le lundi 21 août 2006 14:11

La guerre fraticide :

La guerre fraticide :
En mai 1960, Souphanouvong, ainsi que quinze co-détenus, parvint à s'évader du camp où il avait été interné. Il se réfugia au nord, en zone dissidente et son prestige grandit d'autant plus que son mouvement canalisait toujours davantage les opposants à la présence américaine et au régime aristocratique en place. Pourtant, le 9 août 1960, la réaction allait venir d'ailleurs. Profitant de l'absence du gouvernement royal à Vientiane, un capitaine de parachutistes du nom de Kong Lê, s'empara avec ses troupes du pouvoir et, après avoir démis de ses fonctions l'ancien gouvernement de Somsanith, réclama une politique de neutralité absolue et le retour de son exil au Cambodge de Souvanna Phouma. Celui-ci fut donc rappelé par le roi, envers lequel Kong Lê n'avait jamais caché son attachement.
Le Laos se transforma , jusqu'en 1975, en un théâtre de combats fraticides entre les trois fractions: - communistes du Pathet Lao dirigés par le prince Souphanouvong - neutralistes dirigés par le prince Souvannaphouma et nationalistes.
En 1973, les négociations conduisent à la signature d'un cessez-le-feu. Le gouvernement provisoire d'union nationale est formé.
En 1975, la monarchie est abolie. Le 2 décembre, le Laos est proclamé République Démocratique Populaire Lao.

# Posté le lundi 21 août 2006 12:38

Modifié le lundi 21 août 2006 14:13

L'exode :

L'exode :
Le 2 décembre 1975, le Laos est devenu République démocratique populaire Lao, le parti révolutionnaire lao (PRPL) fut proclamé parti unique. Les hauts fonctionnaires et les intellectuels de Vientiane ont été envoyés dans les camps de rééducation connus sous le nom de "Samana". Environ 300000 laotiens, soit 10% da la pupulation de l'époque, ont fui le pays. Le mouvement ne s'arrêtera que vers l'année 1994 lorsque le pays commence à s'ouvrir à l'économie plus libre.
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# Posté le lundi 21 août 2006 12:38

Modifié le lundi 21 août 2006 14:16

Drapeau de l'ancien royaume du Laos (avant 2/12/1975)

Drapeau de l'ancien royaume du Laos (avant 2/12/1975)
L'ancien drapeau du Laos, un éléphant tricéphal, animal symbolique pour le pays. En 1694, Mort du roi Sourigna Vongsa qui ne laisse pas d'héritiers. le royaume est alors en proie à de nombreuses scissions et il se divise en trois royaumes rivaux:
-Le royaume de Vientiane, vassal de l'Annam
-Le royaume de Luangprabang
-Le royaume de Champasak, vassal de Cambodge.
En septembre 1945, les japonais capitulent et c'est la fin de la deuxième guerre mondiale. Les trois royaumes du Laos sont réunifiés sous l'autorité du roi Srisavang Vong de Luangprabang. Les trois têtes d'éléphant représentent les trois royaumes (rois) réunis. En lao on disait à l'époque "SAME TIAO LAO" (trois rois lao).
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# Posté le lundi 21 août 2006 12:40