Apogée de Lane Xang :

Apogée de Lane Xang :
Cependant, peu de temps après, les vietnamiens furent chassés par le fils de Tiakaphat, Souvana Banlang, mais la paix ne fut véritablement restaurée que sous le roi Visounnarat, celui- là même qui fit construire le Wat Vixoun de Luang Prabang. Ainsi, au milieu du XVII ème siècle, le Lane Xang s'étendait au sud jusqu'aux frontières actuelles du Cambodge, à l'est jusqu'à la chaîne annamitique et à l'ouest jusqu'aux limites encore variables des royaumes de Xieng May et d'Ayuttaya.

Entre 1520 et 1548, sous le règne de Phothisarath, Vientiane est devenu la capitale. Le Lane Xang connaît, avec l'annexion du trône de Xieng May (Nord de la Thailande), sa plus grande expansion territoriale. L'extension géographique du royaume rendait néanmoins de plus en plus difficile un contrôle direct depuis la capitale. Sur le plateau de Tran-ninh, la principauté de Xieng Khouang s'affermissait, à chaval sur la chaîne annamitique et, par la suite, elle allait tout aussi souvent dépendre du Vietnam que du Lane Xang

Xieng Thong (Luang Prabang), la capitale, n'était toujours pas à l'abri des invasions et après les vietnamiens, ce furent les armées birmanes qui attaquèrent la ville. Aussi, afin d'être plus au centre du royaume et maintenir, du même coup, une meilleure liaison avec son allié siamois du royaume d'Ayuttaya, également menacé par les Birmans, le roi Setthathirath transporta en 1563 la capitale de Xieng Thong à Vientiane (où son père, le roi Pothissarath avait déjà commencé à résider). Il y apporta le fameux Bouddha d'émeraude - le Phra Kèo, cadeau des notables de Chiangmay, dont il était l'ancien seigneur, et le déposa dans une magnifique pagode (le Wat Ho Phra Kèo).

Entre 1548 et 1571, le roi Setthathirath fait construire un palais dont le temple reçoit le célèbre bouddha d'émeraude. Le stupa, That Louang Vientiane, est également construit sous son règne. C'est alors l'apogée du royaume de Lan Xang.
Pendant sa mission dans la province d'Attapeu pour lutter contre les Khas, Setthathirath disparut dans des conditions mystérieuses, sans laisser d'héritier direct. Cette disparition plongea le pays dans une grave crise et, profitant de cette période de faiblesse, les armées birmanes envahirent le Lane Xang, le gardant sous contrôle pendant plusieurs années. Le Lan Xang connaît des périodes d'instabilité et même parfois de l'anarchie totale puisque cinq rois se succèdent entre 1627 et 1637.

# Posté le lundi 21 août 2006 12:24

Modifié le lundi 21 août 2006 14:03

Pays divisé et expansion siamoise :

Pays divisé et expansion siamoise :
Les Etats voisins, qui guettaient l'héritage du Lane Xang, ne tardèrent pas à comprendre l'avantage qu'ils pouvaient tirer d'une scission qui, d'abord provisoire, devait vite s'avérer définitive. En 1753, les Birmans du roi Alompra prennent et pillent Luang Prabang puis se retirent. Quelques années plus tard, redoutant une nouvelle attaque, l'ancienne capitale du Lane Xang sollicite la protection des Siamois.

En Octobre 1778, Vientiane est prise par les troupes siamoises du futur roi Rama 1er, et les deux bouddhas sacrés du pays, Prabang et Prakèo, sont emmenés à Bangkok. Le second ne sera jamais rendu et restera à Bangkok jusqu'à ce jour, considérant qu'il s'agissait d'un bien siamois car issu de Chiangmay. L'administration de Vientiane est alors placée sous le contrôle de Bangkok.

Quant au royaume de Champassak, n'ayant jamais cherché sa soumission à l'égard du Siam, c'est l'ensemble de l'ancien Lane Xang qui se voit ravalé au rang de vassal de l'Etat siamois. De ce jour, Bangkok intronisera les rois laotiens et intégrera leurs troupes dans ses armées. En 1805, le roi Chao Anou est placé sur le trône de Vientiane. Celui-ci n'entretient pas de bonnes relations avec les Siamois et ne rêve que de redonner au Laos son lustre d'antan.

Aussi décide-t-il à la mort du roi siamois Rama II, d'organiser une rébellion. Il lève une armée et marche sur Bangkok, en demandant le soutien des vietnamiens. Malheureusement, à Khorat, dans le nord-est de la Thailande, ses efforts sont stoppés et son armée mise en déroute. La tragédie ne tarde pas à s'ajouter à l'honneur perdu de la défaite militaire.
Vientiane est mise à sac et plus de six mille familles sont exilées sur la rive droite du Mékong, en territoire siamois. Quant au roi Chao Anou, vaincu, il fuit vers Annam (Vietnam). Il est capturé et transféré à Bangkok où il mourra en captivité. Vientiane est ensuite saccagée, les monastères sont brûlés et la population est déportée vers la Thailande. Vientiane est sous contrôle du Siam ( Thailande ) ainsi que Luangprabang.

Cependant, avant de disparaître, Chao Anou jeta une malédiction contre la Thailande, en affirmant que le prochain roi de ce pays qui oserait mettre à nouveau les pieds sur le sol laotien, trouverait la mort peu de temps après. De ce jour, plus aucun monarque ne s'est avisé de traverser le Mékong pour fouler la terre laotienne et, en 1970, à la suite de la signature d'un important contrat hydroélectrique et la mise en place du barrage de la Nam Ngum, le roi de Thailande (Phoumiphon Adoulyadeth) qui était officiellement invité aux festivités, décida d'organiser celles-ci sur un radeau au milieu du fleuve.

Le demi-siècle qui suivit marqua la désintégration définitive du royaume lao. La province désertée de Vientiane restait sous influence thailandaise, tandis que Luang Prabang devenait un véritable Etat vassal du royaume de Siam. Au même moment, le royaume de Xieng Khouang était envahi par les Chinois, au grand damne de ses anciens seigneurs vietnamiens qui voyaient disparaître leur principale réserve d'esclaves. Craignant l'élan expansionniste des Chinois, les Thailandais expédièrent un important corps d'armée dans la région de Luang Prabang. Le défunt Lane Xang, ainsi morcelé, devint un mets de choix pour des Etats voisins toujours en quête de nouveaux territoires. Mais le partage ne s'effectuant pas dans des conditions pacifique, le nord du Laos devint également une zone dangereuse, souvent théâtre de pillages et de batailles.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 21 août 2006 12:25

Modifié le lundi 21 août 2006 14:05

Protectorat français :

Protectorat français :
La France, établie depuis 1860 en Cochinchine, commençait à cette époque, à s'intéresser à la vallée du Mékong. En 1861, un explorateur français, Henri Mouhot, était arrivé à Luang Prabang, où il avait été officiellement reçu. Après l'établissement du protectorat sur le Cambodge, en 1863, l'expédition Doudart de Lagrée avait également remonté le Mékong jusqu'à proximité de Luang Prabang. La présence française s'insinuait de plus en plus dans cette partie de l'Asie.

Les Anglais ayant, pour leur part, pris possession de la Birmanie et de la péninsule malaise, le Siam ne pouvait que se montrer inquiet quant à sa politique d'hégémonie dans la région. Il le fut d'autant plus lorsqu'il appris l'installation définitive des Français au Tonkin (1882-1883) et la mise sous protectorat du royaume de Hué. De nombreux différends au sujet de leurs frontières communes ayant opposé le Siam et le Vietnam, au cours des dernières années, les Siamois prirent rapidement conscience de la situation délicate dans laquelle ils se trouvaient, notamment lorsque le royaume de Hué demanda à la France de sauvegarder les droits du Vietnam au Laos.

Une note émanant des autorités françaises fut ainsi envoyée à Bangkok et, en mai 1886, le Siam, sous la pression, dut admettre l'installation à Luang Prabang, d'un vice-consulat français, chargé en particulier de défendre les droits que la France venait d'hériter du Vietnam. Le poste fut confié à Auguste Pavie mais celui-ci arriva sur place au moment qu'avaient choisi les rebelles chinois, baptisés Pavillons noirs, pour s'emparer de la ville. Ralliant leurs énergies, le groupe de Pavie et les troupes du roi du Luang Prabang, Oun Kham, parvinrent à faire reculer les bandits chinois. Tiraillé de tous côtés par la Chine, le Siam et la France, le roi Oun Kham, pour sauver son royaume, choisit ce qui lui apparut certainement comme un moindre mal en demandant à la France son protectorat.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 21 août 2006 12:26

Modifié le lundi 21 août 2006 14:06

Pays réunifié :

Pays réunifié :
La pression française s'accroissant sur le Siam, celle-ci tenta tant bien que mal de préserver les territoires qu'elle avait acquis sur la rive gauche du Mékong, suite à des batailles menées contre les troupes vietnamiennes. Mais la France, garante des intérêts vietnamiens (le colonialisme naissant n'avait alors aucun problème de conscience) en territoire laotien ne voulut rien entendre. Elle exigea la restitution de l'ensemble de ses territoires et dut même faire preuve de sa puissance navale devant Bangkok pour que le Siam, acculé, accepte de céder le Laos.

Un protectorat français sur l'ensemble du Laos voyait ainsi le jour, le 3 octobre 1893. D'autres accords suivirent avec la Chine et la Birmanie pour déterminer le tracé des frontières. La France prenait alors les pleins pouvoirs sur l'Indochine pendant cinquante ans. En 1893, le Laos ne représentait pas une entité politique. Seul le royaume de Luang Prabang conservait encore, bien que profondément affaibli, l'apparence d'un Etat.

Les royaumes de Vientiane, de Xieng Khouang et de Champassak avaient disparu, mais leur territoire respectif était désormais libéré des tutelles siamoises et vietnamiennes. Des gouvernements, sans liaison entre eux, continuaient à y exercer une certaine autorité. Le gouvernement français, par manque de connaissance, les considérait alors comme de simples provinces, perpétuellement contestées entre le Siam et le Vietnam, et sur lesquelles la France se devait dorénavant de faire régner la paix, l'ordre et la loi.

En 1941, un traité franco-laotien intègre au royaume de Luangprabang des provinces du Nord et de l'ancien état de Vientiane. Le reste du pays, divisé en huit provinces, reste administré, comme une colonie, par la France.
Au début du siècle, seule une petite centaine de civils français étaient déjà allés au Laos et l'attitude de l'administration coloniale à l'égard du Laos était un brin négligente. L'un des premiers désagréments que connut le peuple laotien fut l'arrivée de fonctionnaires vietnamiens (l'ennemi héréditaire) pour s'occuper du service public. Le roi fut autorisé à résider à Luang Prabang mais ses pouvoirs étaient plutôt symboliques qu'effectifs. Dans la torpeur coloniale ambiante, une petite communauté avait accès à l'enseignement français et parmi celle-ci, une élite francophone n'allait pas tarder à se former et dans les années 40, alliant les actes au discours, commencera à rallumer la flamme du nationalisme laotien.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 21 août 2006 12:27

Modifié le lundi 21 août 2006 14:08

Indépendance du Laos :

Indépendance du Laos :
En 1941, tandis qu'en Europe la Deuxième Guerre mondiale fait rage, le Japon, allié de l'Allemagne, envahit le Laos avec l'accord des autorités françaises de Vichy. En 1945, à la fin du conflit, les Laotiens, débarrassés des Japonais et ayant vu la manière dont les Français avaient été déchus de leur pouvoir sur l'ensemble du pays, prirent réellement conscience de leur droit à réclamer l'indépendance.
Peu de temps auparavant d'ailleurs, le roi Sisavang Vong, partisan des Français, avait été forcé par les Japonais, de déclarer l'indépendance du Laos. Ce simulacre n'ayant pas convaincu les nationalistes laotiens, le Premier ministre et vice-roi, Phetsarat, créa le mouvement Lao Issara (Laos libre), sachant pertinemment qu'après le départ des Japonais, les Français tenteraient de se réapproprier le Laos.

Le 11 septembre 1945, Phetsarat déclarait l'indépendance du Laos mais, comme il était prévisible, la France refusa de reconnaître le nouvel Etat et fit tout ce qui était en son pouvoir pour diligenter le mouvement nationaliste. Elle parvint à ses fins puisque l'armée Issara fut écrasée à Vientiane, en 1946, par des troupes françaises et laotiennes, quelques jours seulement après que le roi Sisavang Vong, s'étant finalement rangé du côté Issara, devienne pour la première fois, le roi d'un Laos unifié. Si Sisavang Vong put finalement rester au pouvoir, les dirigeants nationalistes d'Issara durent se réfugier à Bangkok où ils recommencèrent à s'organiser, aidés cette fois, par les communistes vietminhs de Hanoi. Pourtant, en 1946, la France, se relevant péniblement de la guerre et commençant à sentir des tensions au Vietnam, accepta l'idée d'autonomie du Laos. Elle convia le parti Issara aux négociations mais celui-ci, au lieu de faire corps, se scinda en trois factions distinctes.

- La première, dirigée par le leader historique du mouvement, Phetsarat, se refusait à toutes discussions avec la France et exigeait l'indépendance immédiate du Laos.

- Plus modérée, la seconde, sous la direction du prince Souvanna Phouma, demi-frère de Phetsarat, comprenait l'obligation de négociations avec la France et semblait prête à accepter quelques compromis.

- La troisième faction, quant à elle, était sous le commandement d'un autre demi-frère de Phetsarat, le prince Souphanouvong, qui décida de s'unir avec les dirigeants vietminhs, formant ainsi la branche armée du mouvement.

Finalement, après l'autodissolution du Lao Issara en exil à Bangkok, la France octroya au Laos, en 1949, le statut d'Etat associé indépendant avec la réunification complète sous la couronne du roi de Luangprabang Sri Savang Vong et le drapeau à l'éléphant tricéphale.
Le pays faisait toujours partie de l'Union française mais il put enfin devenir membre des Nations-Unies, ce qui signifiait que pour la première fois de son histoire, le Laos était considéré comme un véritable Etat aux yeux de l'Occident. Cette reconnaissance internationale et l'annonce de l'arrivée d'une mission économique américaine pour calculer les besoins réels du pays, en grisant, dans un premier temps, les milieux politiques laotiens, leur permirent également de percevoir que l'hégémonie de la France s'effritait pour laisser davantage de place aux Etats-Unis..

En 1953, le traité franco-laotien accorde la plaine souveraineté au Laos.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 21 août 2006 12:28

Modifié le lundi 21 août 2006 14:09