Légende de Khoun Bourôm :

Légende de Khoun Bourôm :
Le Phongsavadan muong Luang-Prabang (Annales de Luang-Prabang), le mythe de Khoun Bourôm peut se résumer comme suit :

Aux premiers temps du monde, le Ciel et la Terre communiquaient. Au ciel régnait Phagna Thène ou Dieu du Ciel ; sur la terre les trois chefs Khoun Khêt, Khoun Khan et Khoun Pou Lang Seung. Les hommes vivaient de chasse et de pêche.

Phagna Thène leur ordonna de lui offrir une part de leurs proies :
-Kin khao hay bok may
-Kin ngaï hay bok Thène
-Kin xin hay song kha
-Kin pa hay sông hoy
(Quand vous mangez du riz, quand vous prenez le repas du matin, il faut invoquer le Dieu du Ciel quand vous mangez de la viande, il faut lui envoyer la cuisse du gibier; quand vous mangez du poisson, il faut lui en envoyer des brochettes)

Le Roi du Ciel, Phagna Thène. réclama sa part à plusieurs reprises, mais en vain. Pour les punir, il provoqua un déluge. Les trois Khoun, ayant prévu la catastrophe, construisirent un grand radeau pour sauver leurs familles. Portés par les eaux, ils arrivèrent au Royaume du Ciel, présentèrent leurs excuses au Phagna Thène qui les autorisa à y rester pendant le déluge.

Quand les eaux baissèrent, la terre réapparut, et les trois Khoun demandèrent à se retirer, Phagna Thène leur fit présent d'un buffle. Dès leur retour du Ciel, Khoun Khêt, KHoun Khan, Khoun Pou Long Seung se fixèrent à Na Noï Oy Nou appelé encore Muong Theng ou Muong Loum (Pays d'En-Bas). Avec leur buffle, ils commencèrent à cultiver la terre.

Trois ans après, le buffle mourut ; de ses narines sortit une liane qui porta corne fruits trois « nam tao pung » ou calebasses d'une grosseur extraordinaire. Un jour, pendant que Khoun Pou Long Seung travaillait le fer au marteau dans sa forge, il entendit des voix humaines dans ces calebasses. Avec un fer rouge, il perça l'une d'elles. Aussitôt des hontes se pressèrent pour en sortir.

De son côté, Khoun Khan prit un ciseau pour perforer d'autre trous dans les autres calebasses. Des hommes en sortirent ainsi durant trois jours et trois nuits consécutifs. Ceux qui sortirent du trou pratiqué par le fer rouge étaient barbouillés de suie noire : ce sont les ancêtres des Kha. Ceux qui passèrent à travers les entailles du ciseau avaient le teint clair : ce sont les ancêtres des Thai (Le mot Thai désigne tous ceux qui parlent la langue Thai, tandis que le mot Thai est employé pour désigner les habitants du Siam (Thailande)). Ces deux races Kha et Thai se sont partagé le Laos et y ont vécu jusqu'a nos Jours.

Les trois chefs Khoun Khêt, Khoun Khan et Khoun Pou Lang Seung leur enseignèrent l'art de construire des maisons, le respect des parents, les rites du mariage et des funérailles pour les Thai, il convient de brûler les morts pour les kha, de les enterrer ; puis il fallait dresser une petite maison et y apporter chacque jour du riz et de l'eau pour offrir aux mânes. Certains préféraient dresser un petit autel chez eux pour faire des offrandes.

Mais bientôt les Thai et les Kha se mu1tipièrent si bien que les trois Khoun ne purent les gouverner convenablement. Ils demandèrent au Roi du Ciel de les aider. Celui-ci envoya Kboun Khau et Khoun Khong pour les aider à gouverner Muong Loum. Ces deux derniers ne réussirent pas non plus. Alors, le Roi du Ciel les rappela pour envoyer sur terre un homme de vertu appelé Khoun Bourôm (d'après une autre version, Khoun Bourôm serait le fils de Phagna Thêne).

Pour préparer la descente de Khoun Bourôm, sur la terre, le Roi du Ciel y expédia Thène Ten et Phissanukan pour enseigner aux hommes 1'agriculture et la fabrication des matériels agricoles. Puis par un jour faste, Kboun Bourôm descendit du Ciel sur le dos d'un éléphant aux défenses entrelacées (Naga kieo. Naga kot) avec à ses côtés ses deux femmes Ed Khèng et Yam Mapala ; et Sa suite les ministres Khoun Thammarat, Seng Manosat, Oun Khli.

Devant Khoun Bourôm marchaient Pou Thao Gneu et sa femme Mè Gna Ngam. Ils descendirent à Na Noi Oy Nou. Thène Ten et Phissanukan remontèrent au Ciel pour rendre compte Phagna Thêne de leur mission. Alors le Roi du Ciel s'aperçut qu'il avait oublié d'envoyer aux hommes un spécialiste pour leur enseigner la musique. Il dépêcha donc Sikhanthap (Gandabba) à ce dessein.

Pendant que le roi Khoun Bourôm organisait l'administration du Muong Loum, on vit pousser une liane (khua khao kat) qui s'éleva rapidement et très haut dans le ciel et couvrit toute la terre de son ombre. Les hommes durent vivre dans l'obscurité et sous un climat froid. Khoun Bourôm, donna l'ordre qu'on coupât cette liane mais personne n'osa le faire au risque de sa vie.

Enfin les deux époux Pou Thao Gneu et Mè Gna Ngam s'engagèrent à accomplir cette tache périlleuse en stipulant que s'ils périssaient, ils recevraient des offrandes et que leur nom serait invqué au début des repas et avant toute entreprise. Tout le monde s'y engagea. Pou Thao Gneu et Mè Gna Ngam attaquèrent la liane à coups de hache. Après trois mois et trois jours, la liane fut coupée, tomba et les écrasa dans Sa chute.

Le soleil réparut et les homes purent de nouveau reprendre leurs activités et retrouvèrent la prospérité d'antan (Dès lors pour tenir l'engagement, il est d'usage d'invoquer "Ma Gneu, Kin Gneu" (Ma=venir ; Kin=manger) avant de commencer un travail ou de se mettre à table.

Pendant les fêtes du Pi May ou Nouvel An Laotien, Pou Gneu Gna Ngam sont représentés dans une danse avec d'énormes masque). Plutard, leurs nom se transforment en "Pou Gneu Gna Gneu".

Khoun Bourôm ordonna qu'on fît des rizières et apprit à ses sujets à manger les pousses de bambou, les tubercules. Il choisit les meilleurs hommes pour être chefs et les plus vertueuses et vaillantes des filles pour être femmes de ses sept fils, nés de Nang Ed Khèng : Khoun Lo, Kboun Gni Pha Lang, Khoun Chou Sông, Khoun Chêt Chuong ; de Nang Yan Mapala : Khoun Say Phông, Khoun Ngoa In, Khhoun Lôt Kôn.

Il répartit alors les Thai et les Kha, descendants des trois calebasses magiques en sept groupes et chacun d'eux eut comme roi un de ses fils. Lorsqu'un jour faste put être trouvé, Khoun Bourôm réunit les sept princes et leurs compagnons qu'il fit s'asseoir autour de lui pour leur faire les recommandations suivantes, avant de les envoyer conquérir et gouverner sept régions aux alentours du Muong Theng :
"Je veux que vous deveniez tous des rois vertueux et aimés de votre peuple ; que vous vous aimiez mutuellement ; que vous vous conduisiez de telle manière que vos sujets se considèrent comme membres d'une même famille ; que les riches aident les pauvres ; que vous consultiez votre cour avant de prendre une décision importante ; et surtout, que vous veilliez à ne jamais vous combattre".
"Ne tuez pas vos femmes pour des fautes. Telle est la volonté du Roi du Ciel. Les femmes sont les premières qui soient nées ; les tuer attirerait le malheur sur votre royaume et provoquerait sa ruine".
"Celui qui respectera mes recommandations aura un bonheur durable pour toute sa race, et ceux qui les auront oubliées, périront".

Puis Khoun Bourôm s'adressa aux reines, épouses de ses sept fils:
"Couchez-vous après vos maris et soyez les premières à vous lever chaque matin. Sachez deviner leurs intentions. N'attendez pas qu'ils ordonnent pour préparer le repas, les tissus. Occupez-vous des serviteurs, des champs, des rizières de vos maris. Ce que vous entendez dans votre foyer, ne le communiquez point aux gens du dehors. Ce que vous entendez au dehors, ne le répétez pas chez vous".
"Soyez tolérantes envers les méchants aussi bien qu envers les bons dans votre maison. Réfléchissez bien avant de donner votre avis à vos maris ; agissez suivant votre conscience".
"Dans les territoires où vous serez appelées à gouverner avec vos maris, ayez deux ou trois amies pour vous conseiller. Lorsque leurs conseils vous semblent contraires à votre jugement, réfléchissez bien avant de vous prononcer".
"Quand les rois, vos époux, sont en train de juger quelqu'un, n'intervenez pas pour les faire changer de décision".
"Ne disposez que des biens de vos maris. N'aimez pas un autre homme".

Puis s'adressant à tous, Khoun Bourôm conclut :
« Etant des créatures humaines, ne cherchez pas à dissimuler votre propre nature, ne mentez pas quand vous parlez de ce que vous possédez. Ne vous enivrez jamais ; ne fumez pas l'opium, chose honteuse. Imitez Bouddha, notre Maître, qui porte secours aux malheureux, aux pauvres, qui fait l'aumône sans attendre qu'on le lui demande ».

Après la cérémonie solennelle du sacre de ses fils, Khoun Bourôm prit des feuilles d'or pour y marquer les noms des régions où les sept Rois iraient gouverner :
1. Khoun Lo, laîné, règnerait au Muong Swa Lan Xang.
2. Khoun Gni Pha I.ang, au Muong Lo .
3. Khoun Sây Phông, au Muong Yoan Nhô.
4. Khoun Chou Sông, au Muong Chulani
5. Khoun Ngoa In, au Muong Yôthiya .
6. Khoun Lôt Kôn, au Nuong Sieng Khôm Nhodsa .
7. Khoun Chêt Chuong, au Muong Phouan. ( Cette division paraît indiquer outre Luang Prabang, (Muong Swa Lan Xang), le YunNan, le LanNa Xieng Sen, le Nghê An, le Sien, les Sipsongphanna et le Trân Ninh ).

Enfin, Khoun Bourôm donna ses dernières recommandations : « Amassez les biens et répartissez-les de la façon suivante mettez de côté une part pour aider le peuple en cas de disette et donnez une part aux bonzes, une part aux chefs qui vous aideront dans la conduite des affaires, une part aux aveugles et aux paralytiques ; gardez une part pour la défense du pays contre l'invasion des voisins et une part pour les exilés qui viendront vous demander de les accueillir. « Si vous recevez des présents, rendez-en d'égaux ».

De toutes les versions écrites sur Khoun Bourôm, la plus ancienne, précise Maha Sila Viravong dans son Vannakhadi Lao (Littérature laotienne) (Vannakhadi Lao par Maha Sila Viravongs (Vientiane, 1960, p.52), a été écrite en 1503 par Maha Thep Louang sous le règne du roi Visounarad (1501-1520).
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 21 août 2006 12:18

Modifié le lundi 21 août 2006 13:57

Si satta nak :

Si satta nak :
Maha Sila Viravong, citant le Phralak Phralam, une version Laotienne du Ramayana indien (Phralak-Phralam, ou le Ramayana Lao, Traduction condensée par Vothu Tinh, Edition Vithagne, Vientiane, 1972, p.19), a relaté que le nom Si Sattta Nak (Cité de Sept Naga) est l'ancien nom de Vientiane : Phagna Tapboramesouan à Inthapatha (Cambodge) eut deux fils : l'aîné appelé Thao Thataradtha et le cadet Thao VirounHa. Phagna Tapboramesoun céda le trône à Thao VirounHa.

Mécontent, Thao Thataradtha quitta le pays et émigra vers le nord. Il s'établit enfin à Phan Phao aux confins de NongKhai, Thailande actuelle, et y bâtit une ville qu'il nomma "Maha Thani Si Phan Phao". Un jour, le Roi des Naga, qui avait sept têtes, prit la forme d'un vieillard pour venir lui recommander de transférer la ville à l'emplacement du Vientiane actuel. Ce conseil fut suivi par. Thao Thataradtha et la nouvelle ville fut nomme "Si Satta Nak" ou "Cité des Sept Naga" (Revue vannakhadi Sane, vientiane).

Mais d'après le Nithan Khoun Bourôm, Sri Sata Nahout était l'ancien nom du Lan Xang Muong Swa, parce que le relief du sol de la région de Luang Prabang rappelle la forme d'un Naga le confluent du Nam Khane au nord constitue la tête; les falaises sur les bords du Mékong au sud de la ville, la queue. Ici, le mot Sata, s'écrivant avec un seul t, signifie 100 ; le mot Nahout (qui signifie 10.000) peut encore signifier un nombre immense, l'unité suivie de 28 zéros.

Comme les naga sont les génies protecteurs de la ville (Luang Prabang), il serait explicable qu'on, l'eût nommée la ville des centaines de milliards de Naga ou Sri Sata Nak Nahout. Le premier roi du Muong Swa Lan Xang était un Yak (démon) appelé Nanthahout qui vint du Lanka (Ceylan) avec sa femme Nang Phalathévi et Sa fille Nang Kang Hi.

Après la mort de Nanthahout, Sa veuve Nang Phalathévi se remaria avec Phagna Inthapatha venu au Cambodge qui devint roi par cette alliance. Le fils d'Inthapatha appelé Phouthaséne se maria avec Nang Khan Hi et succéda à son père. Quand Phouthaséne et Nang Khan Hi moururent, les Chao Lusi (ermites) érigèrent leurs statues aux bords du Mékong pour garder leur mémoire (Ranh J.B. légende de Phou Thao Phou Nang, BARL n°1, 1970, pp.27-35) Puis Phagna Ngou Leuam (Roi des Pythons) habitant une grotte dans Phou Xoang et dont l'épouse était Nang Phagna Ngeuk (Reine des Dragons d'eau) de la montagne Phou Xang, se fit roi du Muong Swa.

Ils eurent un fils appelé Thao Phisi et une fille, Nong Phi Sây Kha Phach, qui se marièrent. Thao Phisi succéda à Phagna Ngou Leuam et Nang say Kha Phach mit au monde un fils appelé Ay Saleukheuk, puis une fille, Sakhumpha, qui à leur tour, se marièrent. Ay Saleukheuk succéda à son père Thao Phisi et sa femme mit au monde un fils appelé Ay Chet Hay puis une fille Uak Pak Kouang Hou Ri, qui eux aussi, se marièrent. Ensuite, Ay Chet Hay succéda à Ay Saleukheuk. A cette époque, Thao Panith, un marchand de bétel venant de Vientiane, avait vu en songe : "Sa main droite caresser le soleil Sa main gauche, la lune ; ses pieds se poser sur des roues qui roulent à la volonté du soleil". Il vint trouver le chef des commerçants pour lui demander d'interpréter le songe. Ce dernier lui dit : "Tu es de basse condition et tu rêves à de grandes choses. Mauvais présage. Il t'arrivera d'être forcé d'avaler des excréments".

Thao Panith vint trouver ensuite le grand bonze Maha Thène Chao qui, après l'avoir entendu exposer ce qu'il avait vu en songe, le félicita vivement : « Ta grande chance est venue, tu auras de l'or , des diamants, des serviteurs. Tu seras un grand homme ». C'est ainsi que Thao Panith se fit roi de Muong Swa sous le nom de Chantha Panith.

Après avoir été gouverné successivement par un roi venant de l'Inde (Ceylan), deux rois venant du Cambodge, quatre rois Indonésiens (nous verrons à la fin du chapitre que les serpents, les dragons pourraient êre les totems des Indonésiens), un roi venant de Vientiane, le Muong Swa Lan Xang tomba sous la domination des chefs Kha : Khoun Swa, Khoun Nghiba, Khoun Vilagna et Khoun Kan, Hang. Puis, Khoun Lo, le fils aîné de Kboun Bourôm, après le sacre et le partage des royaumes, chassa de Muong Swa Khoun Kan Hang qui se retira à Nam Tha. Khoun Lo eut à faire face a une violente réaction des Kha. Il campa à Pak Ou et dut entreprendre une véritable conquête de son Royaume. Mieux armé, disposant d'une organisation sociale plus large et plus forte, il vint à bout de ces peuplades jusqu'alors irréductibles et farouchement attachées à leur sol mais trop individualistes et trop disséminées, parlant peut-être déjà des dialectes différents, pour opposer une résistance de longue durée.

Il existe actuellement de nombreux descendants de ces premiers hommes (Kha) de la terre Laotienne et l'on retrouve en eux à l'état latent le courage de leurs ancêtres. Ils ont conscience de leur ancienneté et disent, non sans dédain, que les peuples « nouveau venus » en Indochine ne sont que leurs cadets.
Jadis, raconte leur légende, il y avait deux frères, dont l'aîné Ksak, est l'ancêtre des Khamu, le cadet, l'ancêtre des Laotiens d'aujourd'hui. Ils s'étaient engagés dans une course de pirogues vers Luang Prabang : Celui qui y arrivera le premier sera le maître du pays. Ksak, grâce à la rapidité de sa pirogue en bronze, arriva à Luang Prabang avant son cadet qui était sur une pirogue en peau. Mais, ce dernier, plus malin que son aîné, avait déjà fait planter un piquet sur une haute branche et déclara qu'il devait être considéré comme le premier arrivé au but, son piquet étant planté plus haut que celui de son aîné.

Convaincu par ce raisonnement, Ksak, l'aîné, l'aîné l'ancêtre des Kha, céda Luang Prabang à son cadet, l'aîné l'ancêtre des Laotiens, pour aller habiter dans la forêt ». Khoun Lo soumit les Kha mais reconnaissant implicitement le droit du premier occupant, il donna à son fils le nom du Chef Kha qui avait fondé le Muong : Khoun Swa. Par la suite, le royaume fut appelé Maong Swa. Il transmet un trône solide à ses successeurs, dont le 23è sera le grand roi Fa Ngoum. avec qui nous passerons de la période légendaire à la période historique du Laos.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 21 août 2006 12:19

Modifié le lundi 21 août 2006 13:58

Origine des lao :

Origine des lao :
A partir d'ici jusqu'à la fin de l'article, nous adoptions cette nouvelle dénommination ou Ai Lao ou Thai fit sa première apparition dès le IVè siècle avant J.C. dans la région du Nord-Ouest de la Chine, aux environs du Mont Altaï (en Mongolie). Ils étaient de race Touranienne ou Mong, avaient une société bien organisée, connaissaient l'agriculture, l'élevage des vers à soie, le tissage et avaient des m½urs douces, pacifiques, alors que les Chinois restèrent encore au stade du nomadisme (?).

Refoulés par les belliqueux Chinois, les Lao émigrèrent lentement vers le sud en passant successivement par:
1- MUONG LUANG, en amont du Fleuve de Hoang Ho (de 3000 à 2000 av. J.C.) et ils furent appelés Ai Lao par les Chinois. Le mot Lao vient du mot Dao qui signifie « éétoile » les Lao vinrent de l'extrême Nord comme des étoiles du Ciel; le mot Ai désigne le « grand frère » les Lao étaient plus civilisés que les Chinois qui les considèrent comme des aînes. Comme dans la langue chinoise il n'y a pas la consonne D, le mot Ai Dao est prononcé par les Chinois Ai Lao. Bientôt, les Chinois les appellent aussi Thai qui signifie en chinois « grand ». En 2200 av. J.C., une frontière commune fut établie entre les Lao et les Chinois : La Chine au Nord du Hoang Ho avec Pan Yang comme capitale, le Ai Lao (ou encore Lao Kia) au sud du Hoang Ho, englobant Sechwan, Hupeh, Hu Nan et An Hui.

2 - MUONG PA. Plus tard vers 871-843 av. J.C., refoulés par les Chinois, les Lao émigrèrent à Muong Pa, dans la vallée du Yang Tsé Kiang (ChungKing actuel).

3 - MUONG NGIEO. En 338 av. J.C.. ils continuèrent à émigrer vers le sud, toujours refoulés par les Chinois, et s établirent à Muong Ngièo (Changsa actuel).

4 - MUONG PHE NGAI. En 122 av. J.C., l'Empire Ai Lao ou Muong Then, avec capitale à Phe Ngaï (dans le Hu Nan actuel) fut fondé par Khoun Muong. En 87 av. J.C., le Ai Lao fut occupé par les Chinois qui le divisèrent en deux : le Phe Ngai au Nord et le Ai Lao au Sud. Puis en l'an 2 ap. J.C., Khoun Vang du Muong Phe Ngai entreprit une guer-re de libération et chassa les Chinois.

5 - MUONG NONG SE ou NAN CHAO. De 221 à 648 ap. J.C.. les Thai (ou Lao) se répartirent en 6 états dont le der-nier était le Muong Nong Se, au Sud. En 649, ils réunirent les autres états pour former le Royaume de Nan Chao, avec Tali comme capitale.

6 - MUONG THEN. Enfin de 658 à 907 ap. J.C., le roi Khoun Bourôm, venant de Nong Se, fonda au sud un autre Royaume appelé Muong Then (Dien Bien Phu actuel), alors que les autres Chefs Thai s'installaient à Nan Muong (entre Hunan et Pagan), à Xieng Hung, aux Sipsongphanna, à Assam, à Manipura.

De Muong Then, Khoun Bourôm envoya ses sept fils conquérir et gouverner les régions du sud dont le Muong Swa (Khoun Lo) et le Muong Phoan (Khoun Chet Chuong) du Laos actuel. On retrouve à peu près les mêmes versions sur l'origine du mot Thai dans les ouvrages Siamois, notamment dans le Ruang Phongsavadan Yonôk par Pragna Prajakicakara-cakra (notes explicatives, p. 20) .

Nous passons maintenant à l'explication de l'origine du mot Thai. Il se traduit par clarté, blanc. En sanskrit, on appelle ainsi le soleil et Thai les Aryas; par exemple : Uthai (Udaya), c'est-à-dire le soleil levant. Le mot Thai s'exprime en chinois par le caractère Thïen (le ciel), qui correspond au mot Ti (la terre).
Le mot Thai en chinois, se traduit par « Grand » et correspond au terme anglais « grand ». ou bien « excellente » qu'on emploie pour les hauts personnages, comme. par exemple Hông Ti, Hông Thai Ti. Parfois, on s'en sert comme pronom pour remplacer le nom du souverain d'un pays étranger; par exemple l'expression Thai Ing Kok, le roi d'Angleterre.....

En Siamois, on se sert du mot Thep (deva) Thai pour désigner les anges, et Thao Thai pour les rois; Chao Thai pour les bonzes; On Thai ou Orathai pour les jolies femmes. Mais, en laotien, on emploie le Thai à tel point qu'il sert à désigner les personnes ; comme par exemple au lieu de dire Khôn Nhai Huen (les gens de la maison) on dit Thai Huen...

Les Laotiens emploient le mot Thai eu lieu du mot Khôn (personne, individu) parce qu'ils se considèrent comme de race Then, c'est-à-dire Thein en chinois, qui se traduit par Ciel. Les gens d'origine Then se reconnaissent connue Thai, c'est-à-dire des personnes célestes ou bien de la lumière, des blancs. (Traduit et cité par M. Camille Notton dans les Annales du Siam, Paris 1926, tome I , page 11, arot. 2). Manich M.L., en 1967, dans son livre intitulé History of Laos (en anglais, Bangkok, 1967, p. 93) affirme aussi que les Thai et les Lao sont descendants des Thai du Nan Chao et que la migration des Thai vers le Muong Then (Diên Biên Phu) avait eu lieu 500 ans avant l'ère chrétienne. Selon cet auteur, Khoun Bourôm (dont le nom Chinois est PilawKo) un des rois les plus célèbres du royaume de Nan Chao, régna de l'an 729 à l'an 749 ap. J.C.., et son fils Khoun Lo (dont le nom chinois est Kolofeng) régna de l'an 749 à l'an 799 à Luang Prabang).

En ce qui concerne les hypothèses sur les origines des Lao, les opinions semblent plus nuancées chez les auteurs occidentaux. Faisant le compte rendu du Phongsavadan Lao du Maha Sila Viravongs, P.B. Lafont a observé « Quant aux erreurs ... on peut lire que le Nan Chao (en lao Nong Se) était peuplé de Lao (p. 19). Or si Parker a pu lancer l'idée d'un Nan-Tchao Thai (et non Lao), il y a longtemps que Sa thèse a été réfutée et l'on a montré que cet Etat avait un peuplement tibéto-biman ».

Frank M. Le Bar (Ethnic groups of Mainland South East Asia, New Haven, 1964. p. 187) mentionne aussi que l'hypothèse d'un Nan Chao peuplé de Thai a été mise on doute dans les études de Wilhelm Credner (Cultural and geographical observations made in the Tali region with special regard to the Nan Chao problem,- traduit de l'allemand par E.Seidenfaden, Bangkok Siam Society, 1935), et que d'après Herold J. Wiens (China's march toward the tropics, Hamden, Connecticut, 1954 : 150-61), la Cour de Nan Chao subit de grandes influences des Han et de la cul-ture chinoise ; qu'il semble tout au plus que le Nan Chao était gouverné par un petit groupe de dirigeants Thai.

Toutefois, D.G.E. Hall, professeur honoraire à l'Université de Londres, dans son livre intitulé A history of SouthEast Asia (London 1964, pp. 158-139) soutient que « Le belliqueux Royaume du Nan Chao avait une population Thai mais ses dirigeants étaient de race différente ». (The warlike Kingdom of Nan Chao in West and North-West Yunnan had a Thai population, but rulers of a differeat race». Selon Hall, les Shans, les Lao, les Siamois sont tous descendants d'un même groupe ethnique apparenté aux Chinois qui fit probablement sa première apparition au VIè siècle avant J.C.

Dès lors, les annales Chinoises les ont souvent cités sous le nom de « barbares du sud du Yang-Tsé-Kiang ». Ils furent dominés par les Chinois vers les premiers siècles de l'ère chrétienne et se soulevèrent à maintes reprises pour recouvrer leur indépendance. Pour se soustraire à la domination chinoise, un grand nombre d'entre eux émigrèrent vers le nord de la Birmanie où ils furent appelés par les annales chinoises du non de Ai Lao. Le royaume Nan Chao qui se formait à l'ouest et au nord-ouest du Yunnan, avait une population Thai mais ses dirigeants étaient de race différente.

Au XIIIè siècle après J.C., il y eut une migration des Thai du Nan Chao vers le Sud du Yunnan, migration que G. Coedès a qualifié « d'une effer-vescence », favorisée probablement par l'affaiblissement du pouvoir Khmer dans cette région; le roi Jayavarman VII était occupé par un conflit avec le Champa au sud. Des états Thai furent formés au nord de la Birmanie, en Assam, à Chieng Ray, Chieng Sen et « à cette même époque, la migration massive et légendaire des Thais le long du Nam Ou vers l'emplacement de Luang Prabang actuel pourrait probablement avoir lieu ».

Coedès (Les peuples de la péninsule indochinoise Paris, 1962, p. 80) affirme aussi « Nan-chao, royaume de population Thaie, mais dont la classe dirigeante appartenait peut-être a une autre famille ethnique » ... Puis en 1964, dons la nouvelle édition revue et mise à jour de son célèbre ouvrage « Les Etats Hindouisés d'Indochine » (Paris, 1864, pp. 346-347), il reprend : «Les Thais établis au Yunnan où l'on a longtemps cru qu'ils avaient fondé eu VIIè siècle le royaume de Nan-chao (il semble qu'on ait en réalité un dialecte tibéto-birman, lolo, ou mingkia) n'ont conquis que beaucoup plus tard leur indépendance dans les vallées de l'Indochine centrale et la Birmanie.

On parle parfois de « L'Invasion des Thai » conséquence de « la poussée Mongole » au XIIIè siècle. En réalité, il s'est agi plutôt d'une infiltration lente et sans doute fort ancienne, le long des rivières relevant de ce glissement général des populations du nord vers le sud, qui caractérise le peuplement de la péninsule indochinoise. « Mais il est de fait que les environs de l'anée 1220 peut-être à la suite de mort de Jayavarmar VII qu'on peut placer peu avant cette date, ont vu se produire une grande effervescence aux confins méridionaux du Yunnan. « D'après les dates traditionnelles données ici sous toute réserve, la principauté thai de Mogang au Nord de Bhamo aurait été fondée en 1215. Celle de Moné ou Muong Nai sur un affluent de droite de la Salwin en 1223. Et l'Assam aurait été conquis en 1229. C'est vers la même date que les Chefs thai de Chieng Rung et de Ngon Yang (site de Chieng Sen) sur le hau Mékong s'allient par le mariage de leurs enfants. « C'est vraisemblablement de a même époque que date la descente légendaire de Kboun Bourôm, l'arrivée massive des Thais par le Nam Ou sur le site Luang Prabang ».

En somme « la genèse de l'établissement des Thaïs dans la vallée du Mékong est infiniment plus obscure, les documents faisant compplètement défaut si l'on néglige les légendes Laotiennes on vérité charmantes de verve de naïveté ... Il faut pourtant reconnaître que les contes merveilleux de la courge de Nuong Theng et de la division du sol entre les fils de Khoun Bourôm ne contredisent pas les notions que nous possédons sur l'expansion de la race Thai on Indochine et qu'ils constituent une allusion évidente à (leur) arrivée dans le Laos occidental » (P. Le Boulanger, Histoire du Laos Français, Paris 1931, p. 30).

Nous nous permettons ici de faire un petit détour, serait-ce à la mode de Hyde Park, pour rapprocher le mythe Laotien de Khoun Bourôm du mythe vietnamien de Con Rông Chau Tiên, en passant successivement par ceux de la Thailande, du Fou Nan, du Champa et du Cambodge. Tous ces mythes semblent concourir à confirmer deux grands faits :
-Des migrations lentes « Une poussée vers le sud » des Thai du Nord vers la Thailande, le Viêt-Nam, et une « migration plus discrète » des Hindous de l'Inde à l'Ouest vers le Fou Nan, le Champa, le Canbodge à l'Est ;
-Des migrations complexes : « métissage des individus » dans les coulées ethniques superposées , conséquences de ces migrations, « avec survivance de caractères physiques et de faits culturels appartenant aux couches les plus anciennes ».
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 21 août 2006 12:20

Modifié le lundi 21 août 2006 13:59

Unité du pays , Lane Xang :

Unité du pays , Lane Xang :
De 1340 à 1350, le prince Fa Ngoum, élevé à la cour du royaume Khmer et marié à la princesse khmère Nang kèo KingKanya, entreprend la conquête de toutes les petites principautés disséminés le long du Mékong. Il unifie le pays. Proclamé roi en 1553, il fonde le Lane Xang, royaume du "million d'éléphants", à Xieng Thong (Luang Prabang). C'est le premier état lao unifié. Il apporte également le bouddhisme (Petit Véhicule) ainsi que la statue du bouddha d'or Prabang , offerte par son beau père, qui donne son nom à la cité royale.

Ce monaque conquérant n'eut de cesse d'agrandir son royaume et, sous son règne, ses armées assurèrent le contrôle de Khammoune et des villes de Vang Vieng, Savannakhet, Sépone et Lao Bao. Il laissa en place les chefs locaux qui, devenus gouverneurs, continuèrent à diriger leurs fiefs dans un esprit d'indépendance qui les incitait sans cesse à secouer le joug du pouvoir de Fa Ngoum.
En 1356, Fa Ngoum s'empara de Vientiane et de sa province. Pour autant Xieng Thong demeura la capitale du pays. Le bouddhisme theravada devint la religion officielle. .
Mais le roi FaNgoum fut déposé et exilé en 1373 et remplacé par son fils Sam Sène Thaï qui accéda au trône à tout juste dix-huit ans. Un recensement effectué en 1376 dénombre 300000 ( Sam Sène ) habitants de race Thaï-lao, d'où le nom "Sam Sène Thai" qui veut dire 300000 Thaïs. Le royaume de Lan Xang est prospère. Mais après la mort de Sam Sène Thaï, il y a une série de révolutions de palais et d'interventions étrangères. La richesse du royaume attire les états voisins.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 21 août 2006 12:23

Modifié le lundi 21 août 2006 14:00

Instabilité et attaque vietnamienne :

Instabilité et attaque vietnamienne :
A sa mort, en 1416, Sam sène thai laissa un royaume relativement organisé et uni, mais sa disparition entraîna une longue période d'instabilité. C'est ainsi que sous le règne de Chao Tiakaphat le pays passa sous domination vietnamienne, suite à une mauvaise farce.
En effet, le prince de Chienglau, le plus âgé des fils de Chao Tiakaphat, se procura un jour un éléphant sacré, espèce suffisamment rare et adulée pour qu'une telle possession attire la jalousie. L'empereur du Vietnam, apprenant l'extraordinaire nouvelle, demanda que lui soient expédiés les cheveux de l'animal. Mais le prince, détestant les vietnamiens, plutôt que de se plier à cette demande, fit porter à l'empereur une boîte contenant les excréments de l'éléphant. Ce à quoi celui-ci répondit en levant une gigantesque armée. Les troupes du prince s'élevait à 200000 soldats (soit les deux tiers de la population du royaume) et 2000 éléphants.
Plus nombreuse, l'armée vietnamienne vainquit et la ville de Luang Prabang fut envahie et mise à sac.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le lundi 21 août 2006 12:24

Modifié le lundi 21 août 2006 14:01